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Tant de souffrances et pourtant, autre chose

Tant de souffrances et pourtant, autre chose

Ecrit le vendredi 14 juin 2013 - Catégorie : La vie du groupe


Tant de souffrances et pourtant, quelle force

Nous étions 14. Par la suite, Nous sommes devenus 12. Plus tard encore, nous avons perdu le nombre exact mais nous étions encore et toujours là. Nous avons appelé cela l’Année Citoyenne Verviers. Citoyen un jour, citoyen toujours, répétait l’une d’entre nous, si enthousiaste que son rire tremblait comme une vague emportant jusqu’à la pire des détresses. Des moments de magie sont nés d’un simple mot bien mis, répété à tue-tête jusqu’à entrer à l’intérieur de tous. Mais l’Année Citoyenne, ce n’était pas que des mots.

Changer le monde disions-nous, en chargeant des seaux d’avoine pour distribuer dans les boxes de chevaux, quelque part près de Mons. D’autres étaient perchés sur de gigantesques ballots et faisaient pleuvoir l’or jaune des chevaux. Un chocolat chaud avalé doucement en fin de journée représentait ce premier geste de merci de ceux que nous aidions. Ces attentions, ces liens invisibles ont dessiné une autre idée de la société. La générosité, la générosité dans un regard.

C’était peu et c’était beaucoup. Maudit soit celui qui n’accueille pas l’étranger de passage. Nous n’avons pas souvent dû maudire ceux qui nous ont ouvert leur porte. Combien de gens avons-nous rencontré, combien de mains serrées, combien de bonjour comme on lance une pièce de monnaie en l’air, afin qu’elle retombe du bon côté ? Nous étions 14, nous étions moins mais nous n’avons pas eu assez de nos dix doigts pour tenir entière cette pleine grappe de société.

Le plus rigolard de la bande a dit : Guy est sympa mais il ne savait même pas ce que sympa signifie. Pourtant, le cœur y était. C’est donc si rare aujourd’hui de vivre cela que nous manquent les mots ? Un autre disait J’ai été tellement cassé depuis l’enfance qu’aujourd’hui, je ne sais plus ce qu’est l’espoir. Et autour de la table, il regardait au loin comme par pudeur de ne pas pouvoir dire plus. Un troisième, dont la blondeur était encore enracinée dans l’enfance, ajoutait d’un souffle : J’ai l’envie d’être quelqu’un comme les autres même si je suis différent. Et il regardait ses vêtements sombres jusqu’aux gants ornés de clous. Une dernière montrait une image craquant de toutes parts pour signifier que parler du bonheur était pour elle chose impossible.

Tant de souffrances, tant de malheurs et néanmoins, l’envie d’offrir quelque chose aux autres. Comment avons-nous tenu ainsi ensemble alors que cela se fait si rarement aujourd’hui ? Parce que derrière, nous avons choisi de relever la tête. Nous avons choisi ce que le passé de chacun ne permettait pas : des actes, une écoute, un temps à côté du temps, une accélération soudaine qui a épuisé jusqu’au plus solide. On ne sort pas sans risque d’une telle aventure. C’était quatre mois et cela aurait pu être une année quand près d’un feu transperçant la pluie, ils étaient quelques-uns, capuches relevées, à traîner des bois.

Nous avons fait l’admiration de nos invités et nous ne l’avons pas toujours entendu. Fabrice et Florence ont avoué qu’ils aimeraient être à notre place. Vincent a admis que nous cherchions tous la partie vivante de nous-mêmes, quelque part au milieu des débris du quotidien. Bernhard a ajouté que si nous étions là, face à lui, c’est que rêver devient possible.

Nous étions 14, nous sommes devenus 12 le jour où une jeune fille, la plus peureuse de tous, a décidé de partir. C’était un geste heureux, quand on a quitté la haute mer et que le port est en vue. Voilà, j’ai trouvé ici ce pour quoi j’étais venue. Je voulais vous en remercier. A présent, il est temps de partir pour grandir ailleurs. Dans chaque faiblesse se cache une force surhumaine. Pourquoi ne la voyons-nous pas tous les jours ? a remarqué celle dont le rire est grand comme la vague de l’océan.

Quelqu’un a dit Je n’ai pas envie comme si nous ne voulions pas devenir adulte. Adulte, est-ce une maladie ? Peut-être qu’à force de voir des visages défaits, des échecs chez d’autres plus vieux, nous voudrions demeurer là où nous sommes, éternellement jeunes même si ce n’est ni le bonheur, ni le malheur. Un purgatoire permanent. Quand, à la demande d’un ergothérapeute, nous avons dû expliquer une fois de plus qui nous étions, des silences gênés ont été notre seule réponse. Qui sommes-nous ? Nous ne le saurons peut-être jamais. Une année qui durera cinq mois. Citoyenne ? On verra

Il a fallu apprendre à revenir quand quelqu’un partait. C’était des chansons, des airs de guitare, du pesto à l’ail des ours, des biscuits, des parfums de l’Afrique lointaine,… Une discussion dans un fauteuil en cuir était nécessaire pour mieux redémarrer. Quelques fois, il n’a pas été possible de reprendre le chemin commun. Ainsi, un beau matin, nous avons frappé et crié à la porte de l’ami qui n’a pas voulu nous ouvrir.

Sommes-nous assez forts pour nous engager et repousser à l’extérieur ce qui ne va pas ? Nous avons entendu comme jamais le mot CPAS, cette formule secrète qui nous échappera toujours. Des papiers à remplir, des documents à signer, des formulaires à envoyer, une réponse qu’on attend et qui arrive un jour comme un poignard sur la main. Après, on a plus la force des mots, à peine un portrait de femme craquelé par le temps qui passe.

Un photographe est venu et a réalisé notre image, pour nous laisser le temps de voir que nous sommes en train de changer. Demain, ce sera encore autre chose, quand notre vie sera sur un grand écran, et nous, acteurs devenus spectateurs dans la pénombre, à nous étonner de voir que c’était donc cela, ce qui se passait, ce qui se jouait, c’était donc cela la beauté, notre beauté...

Rester vivant. Tendre est la main pour cueillir le bourgeon naissant du sapin. Couchés dans l’herbe menue, nous avons attendu que la nuit nous attire et avec elle les plus belles danses,… Come as you are, chantait Kurt Cobain de Nirvana, accompagné de 12 fous-furieux. Ou 10. Ou 8, peu importe. Une jeune femme pleine de doute a conclu : quelque chose a craqué sans ajouter que pour avancer, il faut bien en passer par là.

Il faudra bien laisser de côté le « nous » de l’Année Citoyenne pour reprendre sa partie vivante, dire « je » et s’envoler ailleurs. Mais oublier, cela, non. Nous n’oublierons pas cette fenêtre ouverte sur le monde en train de changer. Le monde, c’est nous. Nous avons été, nous sommes et nous resterons la belle jeunesse. Tant pis pour les gens fatigués. Point.

  • L'ACV, c'est pour changer !
  • Si on tue tout le monde, il ne restera plus personne à qui parler.
  • L’ACV m’appris à aimer réaliser des choses.
  • Maintenant, je ne sais plus rester une journée sans rien faire.
  • L’ACV m’a appris à regarder les gens dans les yeux.
  • C’est en restant au bord de la piscine qu’on ne se noie pas, mais on n’apprend pas à nager non plus. On n’apprend pas à vivre.
  • Il faut reconnaître les signes du merci.
  • C’est en tombant qu’on apprend de la vie.
  • L’ACV a donné du sens à mon histoire.
  • Si vous êtes déjà là, alors il y a moyen de réaliser son rêve.
  • Je veux devenir quelqu’un demain.
  • Mon rêve le plus fou, c’est de toujours avoir quelque chose à apprendre. Tous les jours.
  • L'Année Citoyenne, cela devrait durer toute la vie.
  • Si tu as été bénévole une fois, tu le seras toute ta vie. Tu le gardes. C'est précieux.
  • Avant l'Année Citoyenne,
franchement, c'était la cata !

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mardi 17 juillet 2018
Tu as entre 16 et 25 ans ? Tu dois attendre pour te réinscrire dans des études ou un cursus scolaire ? Tu es toujours en recherche d'un emploi ?
Tu désires te rendre utile pour la société mais tu ne sais pas comment ?
Quel que soit ton niveau de formation, l'Année Citoyenne Verviers est faite pour toi !

L'Année Citoyenne Verviers est un projet de service citoyen rassemblant un groupe de huit jeunes encadré par un responsable d'équipe.

Elle représente pour toi une occasion unique de vivre une expérience collective tout en te rendant utile à la société. Mieux te connaître en allant vers les autres. Disposer d'un réel bagage pour mieux te situer avec le monde qui t'entoure et ce que tu veux faire de ton avenir.


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